12 posts from mai 2008
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Quel est votre plus ancien souvenir ?
Suggéré par Alain (Alain ?).
Excellente question, ma foi ! Celui qui l'a posé doit être un sage dans son genre. Eh bien, mon plus ancien souvenir, le voilà :
Il s'agit de mon deuxième (ou troisième) anniversaire. Il y a ma maman, mon papa, ma grand-mère paternelle, le beau-père de mon père, un gâteau et puis d'autres personnes. Voilà, c'est tout. Je sais, c'est peu, mais il est difficile de se rappeler de tous les détails quand on est aussi petit, vous savez. Bon, je vous fais une fleur, j'ai accepté de me faire hypnotiser pour retrouver toutes les petites choses cachées par mon inconscient. Ce qui suit est la transcription de la conversation qui a eue lieu entre mon hypnotiseur et moi-même :
-Alain (Alain ?), vous êtes fatigué, très fatigué. Votre corps est lourd, très lourd, comme après avoir mangé un gros plat de lasagnes. Vos paupières sont lourdes elles aussi, fermez-les donc. Détendez-vous, laissez tomber vos bras. Quand j'aurais compté jusqu'à 10, vous serez complètement endormi. 1...2...3...
-Je peux avoir un oreiller ?
-oui, bien sûr, tenez. 3...4...5
-Bonne nuit !
-Oui, bonne, nuit, mais ne parlez plus. 6...7...8...9...10... Vous êtes endormi ?
-ouais.
-Rappelez-vous, votre anniversaire, il y a bien longtemps. Il y a un gâteau et des gens, vous vous rappelez ?
-Oh oui, un gâteau. Un gros gâteau !
-Observez-le attentivement. Combien y a-t-il de bougies ?
-Une. Une grosse en forme de deux.
-Bien, qui est présent autour du gâteau ? Votre maman, votre papa ? Vos grands-parents ?
-Oui. Ah oui, ils sont là. Oh ! Des cadeaux !
-Plus tard. Qui d'autre est présent ?
-Il y a... je ne vois pas très bien, c'est flou.
-Concentrez-vous attentivement !
-C'est...Oui, c'est Philippe Gildas.
-Vraiment ?
-Oui, c'est sûr !
-Vous êtes sûr que ce n'est pas la télévision ?
-Ah oui, peut-être.
-Qui d'autre ?
-Un animal !
-De quelle sorte ?
-C'est... C'est un grizzli !
-Vous êtes certain qu'il n'est pas dans la télévision ?
-Non non ! Ne souffle pas ma bougie ! Non ! Maman ! Maman ! Il a soufflé ma bougie ! Ahhhhh ! Des chauves-souris dans les yeux... Ahhhhh ! Non ! Pas le téléphone ! Ahhhh ! Maman !
-Détendez-vous ! Calmez-vous ! Ils ne peuvent pas vous faire du mal, vous êtes en sécurité !
-Non ! Pas le téléphone ! Maman ! Le grizzli, il veut téléphoner à l'étranger. C'est un numéro surtaxé en plus ! Ahhhh ! Maman !
-Détendez-vous ! Quand j'aurais compté jusqu'à 10 vous serez complètement éveillé ! 1...
-Non, pas les dents ! Pas les dents !
-2....3...
-Attention ! Un canadair !
-4,5,6,7
-Fais gaffe aux communistes ! Ahhhh
-8, 9 10 !
*Alain (Alain ?) se réveille*
-Alors, qu'est-ce que j'ai raconté ?
-Rien de concluant.
Voilà, je ne peux vous donner plus de précisions, même si j'aimerais vraiment savoir ce qui s'est passé moi-même.
En parfaite connaissance des limites intellectuelles du lecteur moyen de mon blog, j'ai décidé de vous expliquer le temps. Ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi !
Premièrement : à quoi on reconnaît le temps ? Plus simplement, comme reconnaître ce qui est du temps et ce qui n'en est pas !
Exercice : regardez les deux images suivantes :
Deuxièmement : j'ai démontré en premièrement que le temps n'est pas visible à l'oeil nu, pas plus qu'au microscope le plus évolué. De fait, on ne peut être certain de son existence. Il n'existe, en réalité, que dans les esprits dérangés de ces espèces de scientifiques parmi les plus controversés. Ce n'est qu'une théorie encore plus improbable que celle de l'évolution, de la relativité générale ou de l'expansion de l'univers. La vérité est toute simple : Le temps a été inventé par les fabriquants d'horloges et de montres pour vous faire acheter, idiots de consommateurs serviles que vous êtes, des objets inutiles avec des aiguilles qui tournent pour rien.
Troisièmement: à la lumière des premièrement et deuxièmement, vous pouvez dès à présent vous débarrasser de vos montres, pendules murales, horloges, radio-réveils, téléphones portables (puisqu'ils donnent l'heure eux aussi), et puis votre télé, votre ordinateur, votre chien et vous-même (car il est bien connu que les animaux ont une horloge interne). Oh, et puis balancez le monde entier pendant que vous y êtes ! C'est la fin de monde ! La fin du monde ! Vous allez tous mourir ! Ahhhhhh ! Ahhhhh ! Ahhhhhh!
Bon, vite, faut que je file, j'ai oublié de faire les courses.
Quel est le cauchemar le plus terrifiant que vous ayez fait ?
J'étais dans un train avec le professeur B. qui, au cours de mon rêve, se transforma successivement en femme, en inspecteur des impôts, en kiwi et enfin en permis de conduire en cuir crocodile. J'allais je ne sais où (à Pragues probablement). Nous étions dans un compartiment où étaient également installés une Anglaise et son tapir. C'est à ce moment que j'ai fait la remarque au professeur : "S'ils laissent même monter les Anglais, où va-t-on ?" Le tapir me sauta dessus, puis tenta de me lécher le visage. L'instant d'après, j'étais moi-même le tapir et le professeur B., qui avait à présent changé de sexe, affirmait qu'il fallait me faire piquer. Lancer des yeux de tapir battu à ma propriétaire anglaise, qui était entre-temps devenu un bidon d'huile, fut sans résultat. Un contrôleur passa, je n'avais plus mon billet. J'ai essayé d'expliquer en polonais que c'est le contrôleur des impôts qui me l'avait volé, mais il était à présent un kiwi.Rien à faire. Je fus emporté par le contrôleur du train, qui était à présent un moustachu, en dehors du compartiment qui ressemblait en tout point de vue à une usine de sidérurgie. Pour rembourser le prix des billets, on me fit savoir qu'il faudrait que j'y travaille jour et nuit pendant cinq mois. Sans plus de ménagement, on me jeta dans une cuve de métal en fusion avec pour instruction de la nettoyer. Tandis que je me brûlais copieusement, je voyais un nombre important de personne mal intentionnées que je connaissais se presser autour de la piscine (la cuve était devenue une baignoire, puis une piscine) et se moquer de moi parce que je n'avais pas de maillot de bain (j'étais donc tout nu). Tous essayaient soit de me noyer, soit me faire sortir de l'eau pour m'exposer aux regards rieurs des innombrables nazis présent. Pour en finir, je me suis noyé volontairement. J'étais mort, mais toujours en vie. J'étais à présent sur la scène d'un opéra avec un violon entre les mains. Tous les projecteurs étaient braqués sur moi. J'ai tenté quelques notes et, à ma grande surprise, j'en jouais merveilleusement bien. Mais les nazis ont débarqué, m'annonçant que je jouais le mauvais concerto et ont commencé à me ruer de coups. Il y avait également un permis de conduire en cuir crocodile que je savais être le professeur B qui répétait à envie le mot "provision". C'est à peu près là que je me suis réveillé.
Un chiffre impressionnant, n'est-ce pas ? C'est que c'est une vraie guerre qui a eu lieu ! Cela dit, je tiens à éviter tout malentendu en précisant qu'il s'agit non de la ville de Cannes en France que je suis en train de parler, mais de Cannes en Italie. Et la bataille dont il s'agit s'est déroulée il y a bien longtemps, le 2 Aout 216 av J.-C. Criez à l'arnaque tant que vous voulez !
Rappelons le contexte : Les Carthaginois, en pétard depuis la première guerre punique perdue (264 -241 av J.-C.) n'ont pas manqué de garder les plus mauvaises relations diplomatiques qui soient avec Rome. Poussant à la guerre, ils l'obtiennent en -218. Hannibal Barca, leur général, monte une armée conséquente, composé d'une belle infanterie dotée d'éléphants (est-il besoin de préciser que Carthage se trouve en Afrique du Nord ?) et part à la conquête de Rome, passant par l'Espagne et la Gaule. Il ne rencontre presque aucune résistance dans le début du trajet, tout juste perd-il la grande majorité de ses éléphants dans les Alpes. S'ensuivent deux batailles victorieuses. Là, le consul Varron rassemble une vaste armée pour stopper Hannibal à Cannes, un terrain qu'il croit propice à la victoire.
Et le fait est que le jour de la bataille, les romains sont en nombre vachement plus important que les Carthaginois. Ils se disent que c'est du tout cuit. Et alors que la cavalerie et l'infanterie romaine foncent dans le tas, le front carthaginois recule, la cavalerie d'Hannibal fait le tour et encercle les romains, coincés comme pas deux, ne pouvant éviter de se faire embrocher comme des saucisses.
La victoire est éclatante pour Carthage ! Plus de 60000 morts côté Romain, un peu plus de 10 000 côté Carthaginois, ça dépote ! En fin de compte, c'est pourtant Rome qui gagna la guerre, grâce à de grosses lacunes logistiques d'Hannibal. Quand même, on s'amusait plus que sur la Croisette !
Que faites-vous en premier durant votre temps libre ou après le boulot?
Je ne comptais pas vous détailler ma vie ici, mais après tout, pourquoi pas ? A la fin de ma journée de travail, en théorie à 18h, en pratique à 17h30, je m'élance dans les rues de [nom de la ville].
17h35 : je me dépêche d'aller à Auchan. Une fois sur place, je m'installe sur les présentoirs du rayon fromage et j'attends ainsi 3/4 d'heure.
18h20 : Je sors du supermarché les mains vides et cours en direction de l'arrêt de tramway le plus proche. Une fois à l'intérieur, je fais trois ou quatre fois le trajet départ-terminus, le temps que le contrôleur décide de me faire sortir de force.
20h00 (aux alentours de) : Je ramasse tous les mégots que je trouve à l'endroit où je viens d'atterrir. Une fois en possession d'un nombre suffisant, je vais faire du porte à porte pour essayer de les vendre. En fonction de ma forme, j'arrive à en tirer en moyenne entre 0€ et 5€, donnés par les riverains, non pas pour acheter les mégots, mais pour que je les laisse tranquille.
21h30 : J'attends à la sortie de divers restaurants pour jeter des cailloux aux bons vivants qui viennent de dîner.
22h10 : Il est temps pour moi de rentrer. Pour me compliquer la tâche, je me rends à la gare, prends le premier train disponible, sans billet, et me laisse emporter.
22h45 (aux alentours de) : Je sors du train, de gré ou avec la complicité d'un contrôleur, et j'essaie de rentrer chez moi en autostop.
23h30-04h10 : Généralement, quelqu'un finit par avoir pitié de moi sur le bord de la route et me ramène à [nom de la ville]. Pour faire regretter ce geste inconsidéré au bon samaritain , je me mets alors à raconter ma passion pour la profanation de tombes ou à chanter du Whitney Houston, en fonction de qui j'ai affaire.
07h00 : De retour chez moi, pour une petite nuit de sommeil, non sans avoir éventré quelques sacs poubelles sur mon chemin.
Voilà pour mes petits passe-temps. Et les vôtres alors ?
...à défaut d'avoir réussi sa vie. Les conseils de zetron sont évidemment très utiles aux novices en la matière, mais ceux qui cherchent un dernier grand frisson avant de quitter ce bas monde inamical trouveront dans mes recommandations de quoi "finir en beauté" :
1 - La preneur d'otage : Muni d'un faux pistolet en plastique, vous vous rendrez dans la maternelle la plus proche de chez-vous et prendrez en otage n'importe quelle classe disponible. Très vite, l'école sera entourée de journaliste, de policiers, GIGN et tireurs d'élites en tout genre. Réfléchissez bien avant d'agir : quels seront vos exigences en contrepartie des enfants ? Ne demandez surtout pas un kiwi ou un Kinder Bueno, vous risqueriez d'être exaucé. Préférez à cela un A380 ou un TGV, ils seront bien embêtés pour vous les fournir. Si toute cette mascarade dure plus que nécessaire, menacez de faire exploser la tête d'un des gamins. Quand l'assaut final sera donné, n'oubliez pas de menacer les nouveaux arrivants avec votre pistolet en plastique (le must serait un pistolet à eau) et à vous les autres cieux.
2 - Le voyageur : Discrètement, vous vous installerez dans le train d'atterrissage d'un airbus en direction du Mexique. En prenant de l'altitude, votre habitacle va progressivement se refroidir et geler complètement. Si tout se passe bien, vous mourrez en toute quiétude. Le plus rigolo sera quand les journalistes essaieront d'expliquer votre comportement.
Mieux, si vous ne mourrez pas de froid, rendez-vous au nord du Mexique et essayez de franchir illégalement la frontière avec les états-unis : Fun garanti !
3 - Le marin : Vous vous embarquerez à bord d'un bateau gonflable, sans nourriture ni boisson, équipé de deux rames pour traverser l'atlantique. Échec de la traversée et succès du suicide garantis.
4 - Le base-jumper : Vous vous rendrez en haut d'un très grand immeuble en maillot de bain et vous positionnerez sur le bord. Attendez une heure ou deux que le buzz médiatique fasse son effet et sautez au milieu de la foule en délire.
5 - Le randonneur : ( pour les plus patients) Vous vous rendrez en pleine forêt dans un endroit ou personne ne pourra vous venir en aide. Vous vous enduirez ensuite de sirop, puis vous coucherez juste à côté d'une fourmilière. La meilleure des morts lentes et douloureuses. Et surtout, gardez les yeux ouverts.
À vous de jouer !
Dites-moi si j'ai tort, mais je suis sûr que vous ne connaissez pas Cami. Cami, Pierre-Henri de son prénom, est un des plus talentueux auteurs absurdes français du XXeme siècle, sinon le meilleur, selon une citation attribuée à Chaplin. Un homme qui a la logique d'un "œuf de piano dans la cervelle d'une poule", selon Prévert cette fois.
Biographie express : Cet humoriste, amateur de corrida, a commencé sa carrière en publiant dans le Petit Corbillard illustré, journal qu'il a fondé. Il a connu un grand succès (relatif tout de même) pendant l'entre-deux guerres, puis fut complètement oublié. Et c'est là que je m'insurge ! Seule une infime partie de son œuvre a été rééditée. On peut trouver sans trop de difficultés :
Je ne peux que vous encourager à dévorer les deux ouvrages dont vous pouvez voir les couvertures plus haut. Il s'agit dans les deux cas d'un ensemble de tableaux, écrits comme des pièces de théâtres injouables qui mettent en scène des personnages plus absurdes les uns que les autres, tels que l'hérétique qui va se faire ignifuger, le mort ressuscité qui pose des problèmes aux croques-morts qui l'emmènent au cimetière, ou ce pauvre homme, atteint d'appendicite, qui se fait poignarder par un apache neurasthénique dans la rue, lui sauvant la vie :
Et puis, il y a les innombrables énigmes résolues par Loufock Holmès, accompagné en permanence par son Watson à lui, le chef de la sécurité relative, que ce soit dans des affaires concernant son ennemi juré, Spectras, ou dans d'autres concernant l'assassina de l'accordeur de participes, le suicide du bourreau de sardines ou encore la disparition du squelette frileux.Le président, lisant le verdict à l'apache - Après avoir délibéré, la cour acquitte l'accusé pour sa tentative d'assassinat, mais le condamne à six mois d'emprisonnements pour exercice illégal de la médecine.
Mais, encore une fois, je donne bien mal envie de lire ces merveilleux ouvrages. Je vais donc me contenter de vous ORDONNER de les lire !
(Au passage, si quelqu'un sait où je peux me procurer Le Voyage Inouï de Monsieur Rikiki, Le Fils Des Trois Mousquetaires, Les Chevaliers Du Gai ou n'importe quel autre ouvrage du même auteur, qu'il me fasse signe ! )
Quelle est votre série TV préférée? Etes-vous fan de séries?
Avez-vous déjà entendu parler de cette petite série québecoise du nom de Paul et les tibias ? Non, certainement, elle n'est pas très connue en dehors du cercle très fermé des collectionneurs d'appareils dentaires. Elle met en scène un personnage principal, Paul, vendeur de pins has-been, qui se retrouve «au mauvais endroit au mauvais moment» quand il se fait enlever par les extra-terrestres. Revenu sur la terre ferme et ayant tout oublié de l'évènement, il a pourtant le sentiment qu'il y a quelque chose de changé chez lui en s'apercevant qu'il est obligé de sortir un tibia de son oesophage toutes les heures. Cette particularité est d'ailleurs le seul et unique ressort comique de la série où les situations gênantes se multiplient, notamment l'hilarant deuxième épisode de la première saison où Paul est coincé dans un ascenseur en compagnie d'une secrétaire de direction et d'un vendeur de nez de clown, obligé qu'il est de cacher tous les tibias qu'il a produits dans son pantalon. Néanmoins, cette extraordinaire série a deux bémols:
1 - Les rires enregistrés sont utilisés n'importe comment, en particulier à chaque fois que le personnage principal prononce le mot « visiblement »
2 - Le casting, en dehors de l'acteur qui joue Paul, Sébastien Talenez, est d'une qualité très discutable. L'acteur qui joue le rôle du père de Paul a dix ans et il n'arrive jamais à prononcer correctement ses dialogues sous sa fausse barbe. Le chien qui joue le chien de Paul est toujours en train de dormir et l'effet est désastreux quand on entend ses répliques en voix off, du genre : « Oh, un gâteau », « j'ai les oreilles qui me démangent », «mais quelle puce l'a piqué ?» ou encore « Vous auriez pas l'heure par hasard ? ». L'actrice qui joue le rôle de la fille que Paul essaie d'avoir comme petite-amie est en permanence déguisée en Ronald McDonald et inverse la plupart des syllabes, nuisant là encore considérablement à la compréhension. Ne parlons pas du réalisateur, un parfait inconnu, mais qui prend plaisir à faire des caméo dans toutes les scènes en faisant un coucou à la caméra, ce qui est parfaitement ridicule, en particulier quand les personnages sont aux toilettes.
Malgré tous les défauts qu'elle comporte, cette série est de loin celle que je préfère, juste devant l'éternel Max La Menace. Un grand regret qu'aucune nouvelle saison n'ait été programmée, nous laissant sur le suspense du dernier épisode où Paul rencontre un immigré Roumain qui fait pousser des machoires dans ses cheveux.
Si je crois aux fantômes ? Bien sûr ! Quelle question ! J'en ai d'ailleurs un juste derrière moi, un autre derrière mon écran et un dernier dans le frigo. Dans l'ordre que je viens d'ennoncer ils se nomment Youssef, Léon et .... et le troisième, j'oublie toujours son nom. Je ne lui parle pas beaucoup à ce dernier. Le plus simple, pour vous faire comprendre, est de demander directement aux intéressés de parler de leur condition d'esprit.
"Youssef, viens mon petit, viens prendre possession du clavier !
- Salut à tous, c'est Youssef ! Alors, là je vous écris depuis le clavier d'Alain (Alain ?), c'est un super copain qui me laisse tout le temps regarder quand il traîne sur des sites de cjdvzh vmv;ùmv (interruption d'Alain (Alain ?) : S'il te plaît, Youssef, parle-nous plutôt de toi, de comment tu es mort, de ce que tu fais ici-bas et ce que tu comptes faire plus tard comme métier). Bien ! Alors, je suis mort il y a un bout de temps, vers... pfiou, ça nous rajeunit pas. C'était dans les années 80, à peu près, j'avais parié à mon frère que je pouvais tenir dans la machine à laver. J'ai réussi à m'y enfermer complètement et comme mon frère n'avait pas assez d'argent sur lui, il m'a laissé dedans, le temps de trouver un peu de liquide. J'ai manqué d'air et puis pouf ! Fantôme ! Après, j'ai commencé à le hanter un peu, comme ça, pour rigoler, mais cet imbécile s'est étouffé avec un morceau d'entrecôte un jour que je lui ai fait peur par derrière. Bref, pour l'instant j'ai pas beaucoup de projets en vue. Un jour, j'ai trouvé la maison que t'habites, Alain (Alain ?), et je m'y suis posé. C'est sympa la campagne.
-Merci, Youssef, c'était très instructif. Léon, si tu veux bien sortir de derrière et raconter toi aussi ton histoire ?
- Bonjour, c'est Léon. Pour commencer, moi je suis mort il y a une douzaine d'années dans un accident de la route. C'était après une soirée un peu arrosée. J'étais en train d'imiter le cri du pélican dans mon auto pour amuser les copains quand un cycliste a déboulé sur ma droite. Heureusement, j'ai réussi à manoeuvrer pour l'éviter, fonçant à travers la vitrine d'un vendeur de chaussures. J'étais encore en vie, le seul parmi les passagers présents. Au moment où je réalisais la chance que j'avais eue, le couguar élevé illégalement par le propriétaire du magasin s'est chargé de finir le travail. J'ai continué à hanter les lieux un moment. Un sex-shop a vite remplacé la boutique du vendeur de chaussure et d'ailleurs, Alain (Alain ?), c'est dans ce sex-shop que je t'ai ckdhbvjjsgd (interruption d'Alain (Alain ?) : merci beaucoup Léon.) Ah ok, alors je m'arrête.
Je vous aurais bien proposé le témoignage de mon troisième fantôme, celui qui est dans le frigo, mais il est très timide. Cela dit, désolé les mecs, mais c'est le plus utile de vous trois. (Léon : Ouais, ça se comprend.) (Youssef : Y'a pas de mal, c'est la vérité). D'ailleurs, appelons-le !
"Eh ! Truc-Bidule ! Tu peux m'apporter des esquimaux ?"
Il était déjà minuit passé lorsque Mme Olivetti s'engouffra dans la petite ruelle qui devait la mener à destination. Le « docteur » Saint-Saëns lui avait donné des instructions détaillées pour s'y rendre. Elle arriva devant l'enseigne du vendeur d'ampoules, magasin non fréquenté qui servait de devanture à la petite clinique illicite du docteur Saint-Saëns. Elle frappa trois coups à la porte. Un grand homme, squelettique et mal rasé, lui ouvrit.
« Madame Olivetti ?
- Oui, bonsoir docteur.
- Bonsoir ! Entrez donc ! Asseyez-vous ! »
Le docteur Saint-Saëns n'avait pas ce qu'on pouvait appeler un bureau. Dans la pièce se trouvait un grand placard avec tout un tas d'instruments et de produits médicaux, une table d'opération, qui consistait en une grande planche posée sur des tréteaux et recouverte d'un tissu blanc et que dominait un néon défectueux qui clignotait sans cesse. Toute la pièce était très sale et Mme Olivetti crut même apercevoir un rat mort par terre. Elle fut soulagée qu'il n'en fût rien quand elle le vit détaler et passer sous le placard. Mme Olivetti prit place sur un des tabourets disponibles et ce n'est qu'à cet instant qu'elle aperçut Frank.
« Mme Olivetti, fit le docteur saint-Saëns, laissez-moi vous présenter mon assistant, Frank.
- Enchanté, fit Mme Olivetti.
- Frank également enchanté, fit Frank »
Frank était vêtu, comme le docteur Saint-Saëns, d'une bouse blanche, sauf que la sienne était trop grande et qu'on pouvait deviner une protubérance sur son épaule qu'il n'arrêtait pas de gratter. Il avait les cheveux longs et sales, mais c'était surtout cette grosse bosse qu'on remarquait.
« Alors, madame Olivetti, fit le docteur Saint-Saëns qui venait de s'assoir en face d'elle, rappelez-moi de quoi il s'agit.
- Eh bien voilà, depuis quelques temps, j'ai envie de me débarrasser de mes intestins. J'ai vu dans un magazine que ça prenait beaucoup de place et puis, comme j'ai envie de perdre du poids, autant enlever ce qui est inutile. Je viens chez vous parce qu'à l'hôpital personne n'a voulu...
- Une petite minute, Mme Olivetti ! fit le docteur Saint-Saëns. Vous savez, les intestins servent à beaucoup de chose dans le corps humain. Je n'ai pas fait beaucoup d'études, mais mes trois ans de première année de médecine m'invitent à penser que les intestins sont du genre plutôt indispensable. »
Mme Olivetti considéra la chose, puis, regagnant confiance en elle, dit :
« Je préférerais quand même vivre sans.
- Entendu, fit le docteur saint-Saëns, dans ce cas, laissez-moi vous montrer la procédure. »
Le docteur Saint-Saëns posa une feuille sur ses genous et fit un croquis au crayon de papier. Frank était attentif. Frank était non seulement l'assistant, mais aussi l'apprenti du docteur Saint-Saëns.
« Alors, regardez, fit le docteur saint-Saëns, vous avez ici représenté votre abdomen, avec l'estomac ici et les intestins là. L'opération que je vais effectuer va consister à vous ouvrir le ventre, à couper ici la connexion entre votre estomac et les intestins, enlever les intestins, faire un nœud au bout du boyau de votre estomac et enfin recoudre votre ventre. Le tout se fera sans anesthésie parce que Frank a reniflé le reste d'éther avant que vous n'arriviez.
- Parfait, fit Mme Olivetti. Je pourrais rentrer chez moi tout de suite après ?
- Non, je préfère vous garder en observation. Une telle procédure n'a jamais été pratiquée avec succès et il est à peu près certain que vous finirez enterrée dans mon sous-sol.
- Très bien ! Je vous paie à l'avance, donc !
- Absolument ! »
Une fois le règlement effectué, le docteur Saint-Saëns fit coucher Mme Olivetti sur la table d'opération.
« - Dites, fit le docteur Saint-Saëns, ça vous ennuierait que ce soit Frank qui pratique l'opération ? Je lui enseigne beaucoup de choses, mais il a besoin de pratique.
- Mais non, fit Mme Olivetti, ça ne me dérange pas du tout ! »
Frank releva le chemisier de Mme Olivetti, prit un des tournevis les plus tranchants et pratiqua la première incision.